Un trouble du langage écrit
Le mot « dysorthographie » reste largement utilisé et compris par les familles. Dans certains bilans, on rencontre aussi l’expression « trouble spécifique du langage écrit » ou le sigle TSLE.
Le TSLE peut concerner la lecture, l’expression écrite, ou les deux. La dysorthographie renvoie principalement aux difficultés durables d’orthographe et de transcription écrite. Elle est souvent associée à une dyslexie, mais les deux termes ne désignent pas exactement la même difficulté.
Les classifications internationales peuvent employer « trouble spécifique des apprentissages avec déficit de l’expression écrite » ou « trouble développemental des apprentissages avec difficulté en expression écrite ». Ces formulations regroupent notamment l’exactitude orthographique, la grammaire, la ponctuation et, selon l’évaluation, la clarté ou l’organisation de l’expression écrite.
La dysorthographie appartient à la famille des troubles du neurodéveloppement. Elle ne permet pas de déduire le niveau d’intelligence, la motivation, la richesse des idées ou les capacités de compréhension d’une personne.
Des difficultés variables selon les mots et les situations
Les manifestations ne sont pas identiques chez toutes les personnes. Elles sont souvent plus visibles lorsque l’écrit doit être produit rapidement, sans outil d’aide, ou lorsqu’il faut gérer en même temps les idées, la grammaire, l’orthographe et la présentation.
Orthographe d’un même mot variable d’une production à l’autre.
Omissions, ajouts, substitutions ou ordre incorrect de lettres ou de syllabes.
Difficulté à mémoriser durablement l’orthographe de mots fréquents.
Difficultés persistantes dans les accords, les terminaisons ou les homophones.
Segmentation incorrecte de certains mots, sans que ce signe soit systématique.
Relecture peu efficace : la personne peut ne pas repérer certaines erreurs dans son propre texte.
Écriture ralentie par la recherche orthographique ou, au contraire, nombreuses erreurs lorsque la production est rapide.
Réduction de la longueur ou de la complexité des phrases pour éviter les difficultés.
Une personne peut connaître une règle et ne pas parvenir à l’appliquer pendant une tâche complexe. À l’inverse, une mauvaise maîtrise des règles, une scolarisation irrégulière, l’apprentissage du français ou une difficulté temporaire peuvent entraîner des erreurs sans constituer une dysorthographie.
Quand les exigences d’écriture augmentent
À l’adolescence, les erreurs peuvent être moins visibles dans des exercices courts et réapparaître lorsque le jeune doit rédiger, prendre des notes, compléter un dossier ou répondre rapidement. Les exigences de précision augmentent alors que plusieurs opérations doivent être réalisées simultanément.
Le jeune peut notamment rencontrer des difficultés pour :
- prendre des notes tout en suivant une explication ;
- rédiger une réponse développée sans perdre le fil de ses idées ;
- appliquer les accords et les terminaisons dans un texte long ;
- recopier une information sans omission ni transformation ;
- compléter un compte rendu, un courriel, un formulaire ou un document de stage ;
- relire efficacement un travail avant de le rendre ;
- montrer ses connaissances lorsque la correction orthographique prend une place importante dans l’évaluation.
Ces situations peuvent provoquer de la fatigue, une peur d’écrire, des productions très courtes, un évitement ou une dépendance excessive à une autre personne pour vérifier les écrits. Elles ne doivent pas être interprétées automatiquement comme un manque de connaissances ou d’effort.
Des répercussions parfois discrètes mais coûteuses
À l’âge adulte, les stratégies de compensation peuvent masquer le trouble. Les difficultés réapparaissent souvent lorsque l’écrit doit être rapide, formel, exposé au regard d’autrui ou réalisé sans outil habituel.
Dans la vie personnelle
- remplir un formulaire et vérifier chaque information ;
- rédiger un message important, une réclamation ou un courrier administratif ;
- noter correctement un nom, une adresse ou une référence entendue ;
- aider un enfant dans un travail d’orthographe ;
- éviter certaines démarches par crainte des erreurs ou du jugement.
Dans la vie professionnelle
- rédiger des courriels, comptes rendus, transmissions ou commentaires dans un logiciel ;
- prendre des notes pendant une réunion, une formation ou un appel ;
- compléter rapidement des documents avec un vocabulaire spécialisé ;
- relire un écrit avant son envoi sans laisser d’erreur importante ;
- passer un concours, une certification ou une formation comportant une production écrite ;
- oser demander une évolution professionnelle lorsque l’écrit constitue une source d’inquiétude.
Ces exemples décrivent des possibilités, pas le quotidien de toutes les personnes dysorthographiques. L’expérience, le métier, les outils disponibles et l’organisation du travail modifient fortement le retentissement.
Ne pas confondre
| Notion | Ce qu’elle concerne principalement |
|---|---|
| Dysorthographie | Orthographe et certaines composantes de l’expression écrite. |
| Dyslexie | Identification des mots, décodage et fluidité de lecture. |
| Dysgraphie | Geste graphique, lisibilité, vitesse ou coût de l’écriture manuscrite. |
| Difficulté d’expression écrite | Organisation ou formulation des idées ; ses causes peuvent être diverses. |
| Erreurs ordinaires | Erreurs liées à l’apprentissage, à la fatigue, à la vitesse ou à une connaissance encore fragile. |
Ces difficultés peuvent se combiner. L’évaluation vise précisément à comprendre lesquelles sont présentes et dans quelles situations elles ont un retentissement.
Quand demander un avis professionnel ?
Une évaluation est utile lorsque les difficultés d’orthographe et d’expression écrite persistent, restent nettement supérieures à ce qui est attendu malgré les apprentissages, ou ont un retentissement important sur la scolarité, la formation, le travail ou la vie quotidienne.
- Le médecin traitant, le pédiatre ou le médecin de l’Éducation nationale peut aider à organiser la démarche et à rechercher d’autres facteurs.
- Le bilan orthophonique évalue le langage écrit, dont l’orthographe. Selon la situation, d’autres évaluations peuvent être utiles pour comprendre la lecture, le langage oral, l’attention, les fonctions cognitives, le geste graphique ou le retentissement psychologique.
- Dans les situations complexes, une coordination entre professionnels peut être nécessaire. Les centres référents interviennent généralement en deuxième ou troisième recours.
- Un test en ligne, une dictée isolée, une liste d’erreurs ou le bilan psychopédagogique CAPALIA ne permet pas de poser un diagnostic.
Le diagnostic repose sur l’histoire des apprentissages, des évaluations standardisées, la persistance des difficultés, leur caractère significatif et leur retentissement. Il ne se résume pas au nombre de fautes dans un seul texte.
Comment aider un ado dysorthographique ? Adapter la tâche sans effacer son objectif
Les aides dépendent de la compétence travaillée. Lorsque l’objectif est de vérifier une connaissance, il peut être pertinent de réduire le poids de l’orthographe. Lorsque l’orthographe est elle-même l’objet de l’apprentissage, l’aide doit soutenir la progression sans fournir automatiquement toutes les réponses.
- préciser si l’orthographe est ou non évaluée dans la tâche ;
- dissocier, lorsque c’est pertinent, l’évaluation des idées et celle de la langue écrite ;
- limiter la copie longue et fournir un support lorsque la copie n’est pas l’objectif ;
- fractionner la relecture avec un ou deux critères explicites à la fois ;
- laisser un temps adapté pour rédiger et relire ;
- permettre le clavier, le correcteur, la prédiction de mots ou la dictée vocale lorsque ces outils sont autorisés et réellement maîtrisés ;
- vérifier que l’outil aide sans masquer une difficulté que l’activité cherche précisément à travailler ;
- utiliser des modèles, des listes de mots ou des repères grammaticaux selon le besoin identifié.
Un correcteur ne remplace ni la compréhension des règles ni la relecture. Il peut proposer un mot inadapté, ne pas détecter une erreur ou demander de choisir entre plusieurs solutions. Son utilisation doit donc être apprise et testée.
À l’école, en formation et au travail
Selon les besoins, un PPRE, un PAP ou un PPS peut être envisagé. Le PAP formalise des adaptations pédagogiques pour des difficultés scolaires durables liées à un trouble des apprentissages. Les aménagements d’examen font l’objet d’une demande et d’une décision distinctes ; ils ne sont pas automatiques.
En CFA ou en alternance, le référent handicap peut rechercher des solutions en formation, pendant les examens et chez l’employeur. Pour un adulte salarié, le médecin du travail peut contribuer à l’analyse des besoins. Les adaptations peuvent concerner les outils, l’organisation, le temps de relecture ou certaines modalités de communication écrite.
Soutenir les apprentissages sans se substituer aux soins
CAPALIA propose des cours de français et de mathématiques ainsi que des parcours psychopédagogiques progressifs. Les contenus sont conçus pour réduire les obstacles inutiles : consignes explicites, présentation aérée, progression par étapes, quantité d’informations limitée et modalités de réponse adaptées à l’objectif travaillé.
Le bilan psychopédagogique CAPALIA repère les difficultés rencontrées dans les apprentissages et permet de proposer un parcours psychopédagogique. Il ne dépiste pas et ne diagnostique pas la dysorthographie.
Selon ses besoins, le jeune peut travailler une notion de français, la compréhension des consignes, l’organisation, la vérification, la correction ou l’autonomie. Les modalités de réponse ne doivent pas contourner systématiquement l’orthographe : elles varient selon la compétence réellement travaillée.
Un accompagnement individuel en visioconférence peut compléter la plateforme lorsque le stress, la peur de l’erreur, le découragement ou les difficultés de méthode nécessitent un soutien personnalisé. CAPALIA ne remplace ni l’établissement, ni l’orthophoniste, ni le médecin, ni les autres professionnels impliqués.
Questions fréquentes
TSLE et dysorthographie désignent-ils exactement la même chose ?
Pas toujours. TSLE signifie « trouble spécifique du langage écrit » et peut concerner la lecture, l’expression écrite, ou les deux. La dysorthographie désigne principalement des difficultés durables d’orthographe et de transcription écrite.
Faire beaucoup de fautes signifie-t-il que l’on est dysorthographique ?
Non. Les erreurs peuvent avoir de nombreuses causes. La dysorthographie est envisagée lorsque les difficultés sont durables, importantes, persistent malgré les apprentissages et ont un retentissement significatif.
La dysorthographie disparaît-elle à l’âge adulte ?
Il s’agit d’un trouble durable, mais ses manifestations et son retentissement peuvent évoluer grâce aux apprentissages, aux stratégies, aux outils et aux adaptations de l’environnement.
Dysorthographie et dysgraphie sont-elles identiques ?
Non. La dysorthographie concerne principalement l’orthographe et certaines composantes de l’expression écrite. La dysgraphie concerne le geste graphique et la qualité ou le coût de l’écriture manuscrite. Les deux peuvent être associées.
Qui pose le diagnostic ?
La démarche comprend généralement un bilan orthophonique et peut nécessiter, selon la situation, d’autres évaluations et une coordination médicale ou pluridisciplinaire. Le diagnostic ne repose pas sur une dictée ni sur un autotest.
Le correcteur orthographique suffit-il ?
Non. Il peut aider, mais il ne détecte pas toutes les erreurs et peut proposer plusieurs solutions. Son utilisation demande un apprentissage et ne remplace pas toujours la relecture.
CAPALIA peut-elle diagnostiquer ou rééduquer la dysorthographie ?
Non. CAPALIA propose un bilan psychopédagogique, des cours adaptés et des parcours psychopédagogiques. La plateforme ne pose pas de diagnostic et ne remplace pas une prise en charge orthophonique ou médicale.
Pour aller plus loin
Repérer les difficultés d’apprentissage du jeune
Le bilan psychopédagogique CAPALIA constitue la première étape avant l’accès aux contenus. Réalisé en autonomie, il permet de repérer les difficultés rencontrées par le jeune et de lui proposer un parcours psychopédagogique. Il ne constitue pas un diagnostic de dysorthographie.
Après le bilan, le jeune peut choisir trois cours gratuits par trimestre. La famille peut ensuite opter pour un abonnement, choisir uniquement le parcours psychopédagogique proposé ou réserver, si nécessaire, un accompagnement individuel.
Sources
- Assurance Maladie — Dyslexie et dysorthographie : définitions et conséquences
- INSERM — Troubles spécifiques des apprentissages
- Mon Parcours Handicap — Qu’est-ce que le PAP ?
- Mon Parcours Handicap — Troubles DYS : quels aménagements pour la scolarité ?
- Mon Parcours Handicap — Mesures de compensation du handicap en alternance
- CHU Lyon — Centre de référence des troubles du langage et des apprentissages